IA et écologie : un enjeu majeur pour le monde du travail de demain

Science pour tous

Lors de la Matinale du Management IMT-BS de décembre, l’enseignant-chercheur Fabrice Flipo a mis en évidence les coûts environnementaux souvent invisibles du numérique et de l’IA, notamment leur forte consommation d’électricité et leur empreinte carbone croissante.

Mercredi 10 décembre 2025, Institut Mines-Télécom Business School organisait sa troisième Matinale du Management, réunissant professionnels, enseignants et étudiants autour d’un objectif commun : réfléchir collectivement aux transformations du monde du travail.

Pour cette édition de décembre, les Matinales du Management ont mis en lumière un enjeu encore trop peu abordé : l’impact écologique de l’intelligence artificielle. La conférence était animée par Fabrice Flipo, enseignant-chercheur au département Langues et Sciences Humaines d’IMT-BS.

Suite à près de 20 ans de recherche sur le numérique et l’écologie, Fabrice Flipo a présenté une réflexion approfondie sur les risques liés à la surutilisation de l’intelligence artificielle et des objets connectés. Ordinateurs, smartphones, voitures connectées ou encore plateformes numériques font désormais partie intégrante de notre quotidien, mais leur coût environnemental reste invisible.

Pendant cette masterclass d’une heure, l’enseignant-chercheur a mis en lumière un paradoxe : bien que l’IA soit souvent présentée comme un outil d’optimisation et de progrès, ses conséquences écologiques sont encore trop peu intégrées aux débats publics et aux décisions stratégiques.

Parmi les éléments marquants de la conférence, les chiffres donnés par Fabrice Flipo ont particulièrement retenu l’attention : là où les discours publics encouragent la réduction de la consommation d’eau ou d’électricité au niveau individuel, peu de personnes mesurent l’impact énergétique du numérique et de l’intelligence artificielle.

Selon Fabrice Flipo, la consommation d’électricité de l’IA pourrait dépasser 500 térawattheures (tWh) d’ici 2026, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de la France. Cette tendance devrait continuer de s’accélérer, avec une consommation potentiellement doublée d’ici 2030.

Du point de vue de l’empreinte carbone, le constat est tout aussi préoccupant. L’empreinte carbone globale de l’intelligence artificielle serait déjà deux à trois fois supérieure à celle de la France. Si l’IA était un pays, il figurerait parmi les plus grands émetteurs de CO2 au monde !

Selon Fabrice Flipo, les chiffres sont à la fois alarmants et insuffisamment médiatisés. Il est donc important d’informer et de sensibiliser à ce sujet ; de s’instruire individuellement sur les nouveautés, tant positives que négatives, apportées par l’IA, et notamment l’IA générative. Par exemple, saviez-vous que générer une vidéo via une IA générative utilise en électricité plus de deux fois la recharge d’un PC ? Des usages perçus comme anodins peuvent ainsi avoir un impact environnemental significatif lorsqu’ils sont multipliés à grande échelle.

Page web de Fabrice FLIPO