Les Français sont-ils heureux au travail ?

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Retour sur la deuxième édition des Matinales du Management d’IMT-BS qui a accueilli Julien Grosbois pour une présentation des résultats de l’enquête nationale Great Insight 2025 de Great Place to Work. Réalisée auprès de 4 000 salariés, cette étude offre un panorama précis de leur ressenti et de leurs conditions de travail en France.

Le mercredi 5 novembre 2025 s’est tenue la deuxième conférence des Matinales du Management, le rendez-vous d’Institut Mines-Télécom Business School qui réunit professionnels, enseignants et étudiants autour des transformations du monde du travail.

Cette édition a accueilli Julien Grosbois, venu présenter les résultats de Great Insight 2025, l’enquête nationale de Great Place to Work portant sur le ressenti des salariés français. Réalisée auprès de 4 000 répondants entre décembre 2024 et janvier 2025, elle dresse un panorama complet de leurs conditions de travail.

Deux enjeux majeurs ressortent des réponses des salariés : le besoin de se sentir en sécurité et la question de la rémunération. Dans un contexte d’inflation et d’instabilité économique, ces préoccupations occupent une place centrale dans leurs attentes.

Selon l’étude, 58 % des personnes interrogées estiment que leur rémunération ne reflète pas pleinement la valeur de leur travail. Ce sentiment d’injustice alimente parfois un désengagement progressif, voire une perte de confiance envers les entreprises. Près d’un salarié sur deux craint pour la stabilité de son emploi dans les prochaines années – une donnée qui démontre la fragilité du marché du travail.

La dimension générationnelle apparaît également déterminante. Les salariés seniors, fréquemment confrontés à des reconversions complexes ou à une reconnaissance insuffisante de leur expérience, expriment un sentiment d’insécurité plus marqué. À l’opposé, les jeunes actifs, plus mobiles et en quête de sens, attendent des organisations davantage de transparence, de perspectives d’évolution et de signes de reconnaissance.

Ces tensions rappellent que la qualité de vie au travail ne se limite pas à des avantages matériels, mais repose sur un équilibre entre sécurité, égalité et respect.

Un autre sujet qui préoccupe de plus en plus les salariés français est la santé mentale. D’après l’étude Great Insight 2025, 22 % des Français pensent que leur emploi a un impact négatif sur leur santé mentale : un chiffre en hausse par rapport à 2023. Stress, surcharge de travail, perte de sens ou manque de reconnaissance sont les facteurs principaux de cette angoisse.

Les entreprises commencent à prendre la mesure du problème. De plus en plus d’entre elles déploient des actions de prévention : programmes de sensibilisation, lignes d’écoute psychologique, formations pour les managers… Mais les résultats restent mitigés : seuls 38 % des salariés affirment que leur entreprise agit réellement pour préserver la santé mentale de ses collaborateurs.

L’étude révèle aussi un intérêt pour une potentielle réorganisation du temps de travail. Près de trois quarts des répondants (73 %) sont favorables à la semaine de quatre jours, perçue comme un moyen de retrouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Derrière cette demande se ressent l’envie d’un travail plus humain, où la performance ne se mesure pas juste à la productivité, mais aussi à la qualité de vie et au bien-être psychologique.