Publié le 19 février 2019

    Intelligence Artificielle et Santé

    Colloque ESSI 2018 - Retour sur une journée d’échanges et de rencontres scientifiques!

    Le jeudi 6 décembre s’est tenu à Évry le colloque annuel d’Évry-Sénart Sciences et Innovation, association regroupant les forces vives du territoire dans les domaines de la recherche et l’enseignement supérieur. Placé cette année sous le thème de « l’intelligence artificielle pour l’Homme et sa santé », l’événement a permis de présenter les avancées réalisées en matière de recherche et d’innovation, et faire émerger de nouvelles pistes de réflexion sur ce sujet à fort enjeu pour notre société. Retour sur une journée d’échanges et de rencontres scientifiques.

    Portée par l’explosion des données numériques, la montée en puissance de calcul des machines et l’essor des méthodes de deep learning, l’intelligence artificielle (IA) connaît un développement spectaculaire, transformant de manière radicale nos modes de vie et ouvrant de nouvelles perspectives dans de nombreux domaines scientifiques.

    Au cœur de cette transformation digitale, l’agglomération Grand Paris Sud – caractérisée par une exceptionnelle concentration d’activités de recherche, d’établissements d’enseignement supérieur et d’entreprises de haute technologie – s’est imposée comme un pôle d’excellence dans les domaines du numérique et de ses applications en santé.

    Leader européen historique en génomique et biotechnologies, Grand Paris Sud fait notamment figure de territoire pionnier dans la recherche et le déploiement d’applications potentielles à l’IA dans le domaine médical. Dans ce secteur, de nombreux défis restent à relever, et les ramifications techniques, économiques et déontologiques nécessitent encore d’être interrogées.

    Ainsi, quels progrès l’IA laisse-t-elle envisager en matière de santé ? Quelles sont les limites de son apport ? Et comment faire face aux problèmes éthiques du recours aux nouvelles technologies, notamment dans la prise de décisions médicales ?

    Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, Évry-Sénart Sciences et Innovation (ESSI) – association regroupant l’ensemble des parties prenantes de la Recherche et l’Enseignement Supérieur de Grand Paris Sud – donnait rendez-vous aux acteurs de la santé et de l’innovation pour le colloque « L’intelligence artificielle pour l’Homme et sa santé », qui s’est tenu le jeudi 6 décembre 2018 sur le campus de Télécom SudParis et de l’Institut Mines-Télécom Business School.

    L’occasion de dresser le bilan des évolutions qui ont bousculé ce domaine durant les dernières années et lancer de nouvelles pistes de réflexion, mais aussi de faire découvrir la force du territoire en matière de recherche et d’innovation publique et privée.

    Réunissant près de 150 personnes, la journée s’est ouverte par les discours de Christophe DIGNE, Directeur de Telecom SudParis et Jean-Marc GROGNET, Directeur Général de Genopole et Président d’ESSI, qui ont souligné le rayonnement de l’agglomération dans le secteur de l’IA, aujourd’hui au cœur des préoccupations scientifiques.

    Ce fut ensuite à Jean CHARLET, membre de l’AP-HP rattaché au laboratoire LIMICS, de lancer la matinée par une intervention en guise d’introduction sur l’IA, dressant un tableau non-exhaustif de ses possibilités d’application et leurs limites, mais aussi des problèmes éthiques que soulèvent ces applications .

    L’IA et son impact sur les professionnels de la santé

    Tout au long de la journée, c’est notamment la question de l’émergence des technologies digitales, au premier rang desquelles figure l’IA, leurs enjeux en santé et leur impact sur les professionnels du domaine qui était examinée .

    Les promesses offertes par les progrès de l’IA en matière de soins sont en effet nombreuses, mais soulèvent également des interrogations quant à la délégation aux machines de tâches jusqu’alors « sanctuarisées » dans la prise de décisions médicales.

    Si pour Nicolas PECUCHET, le développement des technologies telles que l’IA et la simulation devrait permettre – dans un système de santé de plus en plus tourné vers la prévention – une réduction de l’incertitude au bénéfice de l’efficacité des traitements, Yann FERGUSON envisage quant à lui les effets de la transformation numérique selon 3 scénarios – ceux d’un dépassement de la performance humaine par l’IA, d’une collaboration entre l’Homme et la machine, et d’une redécouverte de l’Humain grâce à l’IA – aux conséquences incertaines pour un personnel soignant possiblement dominé, augmenté, réhumanisé, ou accaparé .

    L’IA : une solution pour le maintien à domicile des personnes fragiles et âgées ?

    Durant la matinée, Mathilde MOUGEOT, Professeure des Universités en Sciences des données à l'ENSIIE, a questionné l’apport des objets connectés au maintien à domicile des personnes fragilisées, grâce à l’implémentation d’algorithmes capables d’interpréter des données intelligentes et adaptés aux spécificités de leur environnement .

    Une thématique à laquelle ont fait écho les interventions de Kurosh MADANI, Professeur des Universités à l'IUT de Sénart-Fontainebleau de l'UPEC, examinant la possibilité de cohabitation de machines cognitives aux côtés de personnes âgées , et Amel BOUZEGHOUB, Professeure de sciences informatiques à Télécom SudParis, dont les travaux portent sur la reconnaissance d’activités humaines à partir de données issues de capteurs .

    Améliorer la prise en charge médicale de certaines pathologies

    Présentés par Blaise HANCZAR , Professeur des universités au laboratoire IBISC de l’Université d’Évry, les progrès réalisés en matière d’IA, notamment grâce au deep learning (ou « apprentissage profond ») – s’appuyant sur un réseau de neurones artificiels et s'inspirant du cerveau humain –, ouvrent de nouvelles perspectives prometteuses dans le traitement de certaines pathologies.

    Ainsi, les travaux de Nadia ABCHICHE-MIMOUNI et Farida ZEHRAOUI, maîtresses de conférence à l’Université d’Évry, exposés au cours du colloque, ont permis d’identifier des possibilités d’application du deep learning en vue de la personnalisation du suivi de patients hypertendus .

    Médecin diabétologue au CHSF et directeur de recherche au CERITD-CHSF (Genopole), Sylvia FRANC a également montré comment des systèmes automatisés d’aide au calcul des doses d’insuline, utilisant l’apprentissage profond, ont déjà permis un saut qualitatif dans l’administration de l’insuline chez les personnes atteintes de diabète de type 1.

    Enfin, pour Catalin FETITA, Professeur à Telecom SudParis et Directeur de la plateforme BioMICA, les nouvelles approches de deep learning, permettant le développement d’outils d’aide au diagnostic pour la classification des textures pulmonaires, sont également très prometteuses en matière de suivi de certaines pathologies respiratoires .

    De nombreux défis encore à relever

    Si l’expansion de l’IA dans le domaine de la santé ouvre la voie à une amélioration de la qualité des soins, son déploiement soulève un certain nombre de défis complexes qui restent à relever.

    C’est ainsi que les chercheurs Grazia CECERE, Professeure d’Économie à l’Institut Mines-Télécom Business School, et Bertrand THIRION (INRIA), ont rappelé les limites actuelles de l’utilisation de l’IA pour le diagnostic et l’imagerie médicale , et notamment du recours à des algorithmes. Ceux-ci nécessitent encore de nombreuses recherches avant de pouvoir être utilisés de façon fiable et atteindre un niveau équivalent à la performance humaine .

    Retrouvez le programme complet et toutes les interventions du colloque ESSI

    À propos d’ESSI

    Évry-Sénart Sciences et Innovation (ESSI) est une association qui fédère les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche du territoire d’Évry-Sénart-Corbeil pour le rayonnement et le développement de la recherche, la valorisation, la formation et l’accompagnement des entreprises. Elle regroupe la Communauté d’Agglomération Grand Paris Sud et 10 établissements publics, qui constituent un pôle de compétences interdisciplinaires remarquable : Centre de Formation Universitaire en Apprentissage, Centre Hospitalier Sud Francilien, École Nationale Supérieure d‘Informatique pour l‘Industrie et l‘Entreprise, Genopole, Institut Catholique d’Arts et Métiers, Centre des Matériaux de Mines ParisTech, Institut-Mines Télécom Business School, Télécom SudParis, Université d’Évry-Val-d’Essonne et Université Paris-Est Créteil.