Traçabilité des modèles d’IA : comment la recherche de Télécom SudParis sécurise l’avenir du numérique

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Source(s): Télécom SudParis 

Issu du laboratoire SAMOVAR de Télécom SudParis, le projet IZENA, lauréat du Grand Prix i-PhD 2026, applique le tatouage numérique aux modèles d’IA pour garantir leur traçabilité et leur intégrité.

Comment vérifier l’origine et l’intégrité d’une intelligence artificielle ? À l’ère du déploiement massif de l’intelligence artificielle, l’identification et la traçabilité des réseaux de neurones s’imposent comme un enjeu critique de souveraineté et de propriété intellectuelle. Issu du laboratoire SAMOVAR et du département ARTEMIS de Télécom SudParis, le projet IZENA (ex-TatouAI), porté par Carl De Sousa Trias et couronné du Grand Prix i-PhD 2026, adapte les techniques de tatouage numérique aux modèles d’IA. Une avancée scientifique majeure qui illustre le rôle clé de l’école dans le transfert de technologies Deeptech.

Problème : L’absence de traçabilité des modèles d’IA génère des risques de vol, de falsification et de non-conformité.

Solution : IZENA applique le tatouage numérique (watermarking) aux réseaux de neurones pour créer un passeport unique breveté.

Distinction : Le projet obtient le Grand Prix i-PhD 2026 dans la catégorie Innovations au service des nouveaux enjeux sociétaux (France 2030 / Bpifrance).

Prochaine étape : Création de la start-up et déploiement dans la défense, la santé et l’aéronautique.

Alors que les modèles d’IA se multiplient et se dérivent à grande vitesse, une question technique cruciale restait sans réponse : comment vérifier l’origine, l’intégrité et l’historique d’un réseau de neurones copié ou modifié ?

C’est précisément ce problème scientifique complexe qu’a résolu Carl De Sousa Trias au cours de sa thèse au sein du laboratoire SAMOVAR et du département ARTEMIS de Télécom SudParis, menée sous la co-direction de Mihai Mitrea (Télécom SudParis) et des chercheurs Marco Cagnazzo et Attilio Fiandrotti (Télécom Paris).

« L’objectif était d’apporter les outils de traçage, comme le watermarking ou tatouage numérique, maîtrisés pour les contenus images ou audio, au monde de l’intelligence artificielle et des réseaux de neurones », explique Carl De Sousa Trias.

En intégrant une marque d’identification robuste au cœur des algorithmes, la technologie permet de créer une véritable carte d’identité pour les modèles d’IA. Elle répond à trois besoins industriels et sociétaux prioritaires :

  1. Authentification et propriété intellectuelle : Identifier les modèles et détecter toute réutilisation ou dérivation non autorisée.
  2. Audit et intégrité : Quantifier précisément les altérations subies par un modèle afin de prévenir d’éventuelles attaques ou altérations.
  3. Conformité et gouvernance : Offrir une traçabilité complète de la provenance des modèles dans des secteurs fortement régulés.

La trajectoire d’IZENA illustre la pertinence de la démarche de recherche menée à Télécom SudParis, orientée vers la résolution de verrous technologiques concrets. C’est à la fin de sa thèse, au vu des résultats exceptionnels de sa dernière méthode de traçabilité, que l’équipe fait le choix stratégique de protéger les fruits de ses travaux par un brevet plutôt que par une simple publication scientifique.

Cette innovation est ainsi formalisée à travers le dépôt de brevet : C. De Sousa Trias, M. Mitrea, E. Tartaglione, S. Chaudhuri, « Procédé pour protéger par traçage un réseau artificiel de neurones », French patent request FR2505074 (May 2025).

Cette passerelle entre recherche fondamentale et transfert technologique est au cœur du modèle de Télécom SudParis.

« Cette distinction au Concours d’innovation de l’État illustre la capacité de Télécom SudParis à faire émerger des technologies de rupture à partir de la recherche et à les accompagner jusqu’à leur concrétisation entrepreneuriale », souligne François Dellacherie, directeur de Télécom SudParis.

L’environnement académique et la formation par projets, notamment la Voie d’Approfondissement High-Tech Imaging (HTI)portée par le département ARTEMIS de Télécom SudParis et suivie par l’ingénieur, ont permis de consolider les acquis autour de vraies problématiques de recherche.

Désormais baptisée IZENA, signifiant « identité » en basque, la future start-up entre dans une phase de validation industrielle. L’équipe concentre ses travaux sur le développement d’un Proof of Concept (PoC) et d’un MVP ciblant trois secteurs clés stratégiques : la défense, la santé et l’aéronautique.

En positionnant ses enseignants-chercheurs et ses jeunes docteurs au premier rang de la confiance numérique et de la cybersécurité de l’IA, Télécom SudParis confirme son statut de partenaire de recherche incontournable pour les acteurs industriels de la Deeptech.

Retrouver l’article dans son intégralité sur le site de Télécom SudParis